Montfort

Quelqu’un me dit que tout le monde a la nostalgie de la maison de son enfance. Je ne crois pas. Il faut déjà avoir eu une maison de son enfance et tout le monde n’a pas eu ça.

Moi, si. Mais je n’oserais pas le mot nostalgie. J’ai des souvenirs très sensoriels dont j’ai parlé souvent : les larges planches blanches inégalement peinturées du plancher du deuxième, ces fenêtres à carreaux, sans rideau, dans l’annexe de ma chambre qu’on appelait ma forêt. Je pensais que tous les enfants avaient une forêt comme toutes les grands-mères avaient un boudoir. Je n’ai d’ailleurs jamais très bien compris ce qu’est un boudoir tant la pièce qu’occupait ma grand-mère maternelle, avec ses livres, est la seule illustration que je ne pourrai jamais en avoir. Ma forêt, comme son boudoir, avait des livres et des silences.

Des souvenirs, mais pas de nostalgie. La maison de mon enfance était assez froide et sans lumière. Vide aussi.

Si j’y pense parfois avec mélancolie, c’est plutôt du village dont il s’agit. Surtout au printemps quand, me dépliant hors de ma voiture, j’entends près de la route principale ruisseaux et rigoles. Alors je sais très bien que ce lieu sera toujours chez moi.

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