Ottawa

J’avais un bel appartement. Un bel appartement au milieu de la ville. Un peu tout croche, un peu tout en bois et mal isolé. Mais c’était mieux que bien d’autres. Le loyer était si raisonnable que j’en oubliais combien la ville est dispendieuse.

Les prix faramineux, on dit que c’est la faute des fonctionnaires. Dans les villes de fonctionnaires, c’est une bonne chose qu’il y ait des fonctionnaires, ça permet de leur faire porter pas mal de responsabilités…

Quand je l’ai loué, l’appartement était assez joliment peint, mais j’avais envie de changer quelques couleurs. Quand je l’ai quitté quatre ans plus tard, les cartons Sico étaient encore aimantés sur le frigo. Ils avaient même commencé à friser. À force, je ne voyais plus les murs, même le petit mauve dans la salle de bain. J’aurais eu de la misère à vous les décrire.

Sans doute aurais-je dû prendre des photos pour béquiller ma mémoire.

Le vert de cette mousse, sur le bord de la rivière Rideau, je ne l’ai vu qu’une fois, un printemps plus humide que les autres. Et je ne l’ai jamais oublié.

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