Entre-deux

Ça ne m’est pas très naturel, l’avion. Je n’ai pas vraiment peur, mais je suis un peu claustrophobe. Le manque d’espace. Dans les « nouveaux » avions transatlantiques, même moi j’ai les genoux dans le front (une pensée pour les grands six pieds).

Et dans certains appareils, je dois maintenant demander pour la rallonge de ceinture. De toutes les petites humiliations dont est faite la vie d’une obèse, peu m’ont fait aussi mal à l’orgueil que quérir cette rallonge auprès de l’agent de bord.

J’aime, par contre, la déconnexion. Tout ce que je peux lire, dans un seul vol Ottawa-Toronto qui dure à peine une heure. Tout ce que je peux écrire, quand je m’y mets. La seule distraction c’est le duo bretzel et jus de tomate. Ce qui n’est pas vraiment une distraction, plutôt un carburant.

J’aime le sentiment du non-lieu. De l’intérieur, les avions se ressemblent tous. D’autant plus que je suis toujours assise sur l’aile, comme si j’avais une place assignée. Et à l’atterrissage j’ai une vue en plongée où l’aile ressemble soudain à un toboggan.

De haut, comme ça, toutes les villes sont des pataugeoires.

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